La chute commence toujours par l’oubli

La chute commence toujours par l’oubli

La chute commence toujours par l’oubli

Quand les civilisations perdent la mémoire du sacré

Aucune civilisation ne s’effondre brutalement.
Les murs tombent en dernier.

Avant la ruine visible, il y a toujours une rupture invisible : l’oubli.
Oubli des lois, oubli du sens, oubli de l’origine. L’Histoire l’enseigne sans relâche, mais l’homme moderne refuse de l’entendre.

La chute commence toujours par l’oubli.

Quand la mémoire se rompt

Les grandes civilisations ne disparaissent pas faute de savoir-faire. Elles disparaissent faute de mémoire initiatique.

L’Égypte n’a pas cessé d’exister parce qu’elle ne savait plus bâtir. Elle a décliné lorsqu’elle a oublié pourquoi elle bâtissait.
Les temples sont devenus des monuments.
Les rites, des automatismes.
Les prêtres, des administrateurs.

Le sacré s’est vidé de son feu.

Atlantide, Babel, Mayas : mêmes causes, mêmes chutes

Qu’on les lise comme des mythes ou des réalités historiques, les récits se répètent.

  • Atlantide : une civilisation avancée qui perd l’équilibre entre puissance et sagesse.

  • La Tour de Babel : un projet grandiose privé de langage commun, donc de sens.

  • Les cités mayas : un savoir astronomique prodigieux, mais une rupture sociale et spirituelle interne.

À chaque fois, le même schéma :

  1. La maîtrise augmente

  2. Le sens diminue

  3. L’orgueil remplace la Loi

  4. La chute devient inévitable

Ce n’est jamais l’ennemi extérieur qui détruit une civilisation.
C’est la perte de son axe intérieur.

Oublier les lois invisibles

Les anciens savaient une chose essentielle :
le monde obéit à des lois invisibles, aussi réelles que la gravité.

Quand ces lois sont respectées :

  • l’ordre se maintient,

  • la prospérité est équilibrée,

  • la connaissance élève.

Quand elles sont oubliées :

  • la technique devient folle,

  • le pouvoir devient tyrannie,

  • la connaissance devient destructrice.

La Franc-Maçonnerie appelle cela perdre la Parole.
Non pas un mot, mais la capacité à rester accordé à l’ordre du monde.

La chute initiatique : avant la chute collective

Toute chute collective commence par une chute individuelle.

L’initié qui cesse de travailler devient un profane éclairé.
La Loge qui cesse de transmettre devient un club.
La tradition qui cesse d’être vécue devient un folklore.

L’oubli ne fait pas de bruit.
Il s’installe doucement, sous couvert de modernité, de confort, d’efficacité.

On n’oublie jamais d’un coup. On néglige d’abord.

La Franc-Maçonnerie : rempart contre l’oubli

Si la Franc-Maçonnerie traverse les siècles, ce n’est pas par hasard.
Elle ne survit pas parce qu’elle s’adapte, mais parce qu’elle se souvient.

  • Elle répète les gestes anciens

  • Elle conserve les symboles

  • Elle impose la lenteur

  • Elle exige le travail intérieur

Non par nostalgie, mais par lucidité.

Car elle sait que :

ce qui n’est plus transmis consciemment revient sous forme de chaos.

L’oubli moderne : le plus dangereux de tous

Notre époque n’a jamais autant su…
et jamais autant oublié.

Nous avons oublié :

  • que la connaissance engage une responsabilité,

  • que le progrès sans sagesse est une régression,

  • que l’homme doit se construire avant de transformer le monde.

Nous avons remplacé la transmission par l’information.
Le silence par le bruit.
L’initiation par l’opinion.

C’est toujours ainsi que commence la chute.

Se souvenir, c’est résister

Se souvenir ne signifie pas revenir en arrière.
Cela signifie revenir à l’essentiel.

Les anciens ne nous demandent pas de les imiter.
Ils nous avertissent.

La Franc-Maçonnerie, dans sa vocation la plus profonde, n’est pas une promesse d’avenir.
Elle est un garde-fou contre l’oubli.

Conclusion : la mémoire comme salut

Les civilisations ne meurent pas quand elles sont attaquées.
Elles meurent quand elles ne savent plus qui elles sont.

Quand la mémoire s’efface,
la pierre se fissure,
le Temple s’écroule,
et l’homme se perd.

La chute commence toujours par l’oubli.
Mais l’oubli n’est jamais irréversible.

Tant qu’il reste des femmes et des hommes pour se souvenir consciemment,
la reconstruction demeure possible.

Article de Seb∴  Rog∴

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