Soleil et Lune — Dualité Universelle

Soleil et Lune — Dualité Universelle

Soleil et Lune — Dualité Universelle

Le Soleil et la Lune sont des figures anciennes de la pensée humaine.
Ils ne sont pas seulement des astres, mais des principes premiers :
le manifesté et le réceptif, le clair et le mystérieux, l’actif et le passif.

Dans la plupart des traditions symboliques, ces deux luminaires forment un couple — un binaire qui ne s’oppose pas seulement, mais se complète.

Un couple de polarités

Le Soleil est lumière propre.
Il ne reçoit pas, il donne.
Il émet, il irradie, il pousse vers l’extérieur.
Il est associé à l’action, à la conscience éveillée, à la clarté soutenue.
Dans certaines lectures alchimiques, il est principe actif, Soufre, or, énergie expansive.

La Lune ne produit pas de lumière en soi : elle reçoit celle du Soleil, et la renvoie.
Elle est lumière réfléchie, lumière intérieure, mouvante, changeante, intime.
Elle est associée à l’intuition, au rêve, à la réceptivité, à l’inconscient.
Dans l’alchimie, elle est principe passif, Mercure, argent.

L’un ne vit pas sans l’autre : le Soleil éclaire, et la Lune révèle autrement, par réflexion.
C’est une danse de polarités, non une hiérarchie.

Dans l’espace initiatique

En franc-maçonnerie, ces deux luminaires sont placés dans la loge comme symboles du chemin intérieur :

  • le Soleil est souvent lié à la Clarté manifeste,
    à la lumière qui permet de voir et d’agir dans le monde visible,
    à la force qui porte le Compagnon à travailler la Pierre et affiner son art.

  • la Lune est liée à l’introspection,
    à la lumière intérieure qui éclaire l’Apprenti dans ses premières ténèbres,
    celle qui invite à regarder en soi plutôt qu’autour de soi.

Traditionnellement on dit que l’Apprenti travaille sous la Lune, apprenant à recevoir, à écouter cet écho silencieux de l’âme avant de se lancer vers l’action visible.
Le Compagnon, par contraste, est associé au Soleil, au travail affirmé, à l’application de la lumière qu’il a reçue pour transmuter la matière.

Dualité et universalité

Cette lecture — Soleil actif, Lune passif — est aussi ancienne que l’ésotérisme occidental lui-même.
Elle se retrouve dans l’alchimie (Soufre/Mercure), dans la Kabbale, dans les cycles cosmiques, dans les mythes de toutes les cultures.

Pourtant, ce symbolisme n’est pas absolu :
dans certaines cultures la Lune fut masculine et le Soleil féminin, ou encore leur symbolisme variait selon les contextes linguistiques et poétiques.

Dans la loge, cette dualité n’est pas un simple décor, mais un miroir de l’être humain lui-même :
la polarité entre agir et recevoir, entre montrer et écouter, entre conscience manifeste et savoir intérieur.

Au-delà de l’astrologie

Le Soleil et la Lune ne sont pas des astres subordonnés à des calculs astronomiques.
Ils sont des archétypes :

  • le Soleil est la force qui éclaire le monde extérieur,

  • la Lune est la lueur qui éclaire le monde intérieur.

Dans l’évolution symbolique maçonnique, ils se situent non seulement dans l’espace de la loge, mais dans l’espace intérieur de chaque franc-maçon.

Un chemin entre deux lumières

En regardant le Soleil et la Lune, on ne choisit ni l’un ni l’autre.
On découvre la complémentarité :
le Soleil donne et la Lune révèle.
Le Soleil attire vers l’extérieur, la Lune invite à sonder l’intérieur.

Ce qui importe n’est pas la supériorité de l’un, mais la capacité à trouver son centre dans la tension de leurs polarités :
un point d’équilibre où l’action est éclairée par la réceptivité,
et la réceptivité est éveillée par l’action.

☉ ☾

Soleil et Lune ne sont pas là pour être compris.
Ils sont là pour être habités.

Article de Seb∴  Rog∴

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