Le Naos de Memphis-Misraïm

Le Naos de Memphis-Misraïm

Le Naos de Memphis-Misraïm

Le point central où tout est un

Le terme Naos vient du grec ancien signifiant littéralement « temple, sanctuaire » : il désigne la chambre intérieure sacrée d’un temple, là où repose la statue de la divinité. Cette chambre n’est pas un lieu d’assemblée ou de profane : elle est un espace fermé, secret, irradié de sens mais dépourvu d’apparat ; on n’y entre qu’en présence de la divinité ou de celui qui la médiatise.

Dans l’architecture sacrée de l’Égypte antique, le naos est cette cellule centrale, souvent dans l’obscurité, qui contient l’effigie divine et symbolise la présence implicite du dieu au cœur du temple.

De même, dans les traditions religieuses ultérieures, le concept de naos se retrouve associé au “Saint des Saints”, cette chambre la plus secrète du sanctuaire où la présence divine est censée habiter en silence.

Au cœur du Rite Memphis-Misraïm

Dans le Rite Ancien et Primitif de Memphis-Misraïm, le Naos n’est pas seulement une pièce du temple : il est le centre symbolique suprême de tout travail initiatique. Il est posté au centre du temple maçonnique, sur le pavé mosaïque qui représente la rencontre des polarités cosmiques et telluriques, lieu d’une sacralité silencieuse et radicale.

Ce centre, ce point immobile, est l’espace où le franc-maçon est invité à se tenir, non pas comme un spectateur, mais comme un participant du mystère.

C’est là que se concentre l’égrégore du temple, non pas comme une abstraction, mais comme une présence psycho-spirituelle qui unit, rassemble et absorbe toutes les tensions en une seule cohérence intérieure.

Naos et Saint des Saints : un parallèle vivant

Dans l’architecture sacrée antique, le naos — ou cella — était le cœur du temple, inaccessible à tous sauf à ceux qui en détenaient l’autorité rituelle.
Les écrits anciens expliquent que ce lieu était parfois désigné comme le Saint des Saints, symbole du centre ultime où seule la divinité réside.

Ce parallèle souligne une vérité profonde :
🔹 Dans tous les grands systèmes initiatiques, il existe un centre inviolable, un espace où le monde apparent se dissout dans l’être.
🔹 Ce n’est pas un lieu extérieur, mais intérieur ; ce n’est pas une réalité manifeste, mais vécue.

C’est le point où tout est un.

Le Naos comme symbole initiatique

Le Naos – comme le Saint des Saints – n’est pas seulement un objet d’architecture sacrée :

  • il est la représentation d’un état intérieur,

  • une présence silencieuse plutôt qu’une explication,

  • un centre indivisible où les opposés cessent d’être séparés,

  • un lieu où toutes les polarités se fondent.

Dans Memphis-Misraïm, travailler sur le Naos — symboliquement — signifie apprendre à habiter ce point unique où l’actif et le passif, le manifeste et le caché, la lumière et l’ombre se rencontrent sans conflit.

En termes initiatiques

Le Naos n’est pas un but ; c’est un seuil intérieur.
Il ne se conquiert pas par l’intellect, mais par l’alignement silencieux.
Il ne se décrypte pas, mais se reconnaît en soi.

Le point central où tout est un n’est pas une destination.

C’est le cœur même de la quête.

Article de Seb∴  Rog∴

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